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Showing posts from May, 2026

La Taxe IA

Croyez-vous en l' auto-planète , un monde où les machines travailleront à notre place? Non? Alors, gardez vos employé.e.s. J'ai écrit cette phrase en haut de mon carnet après avoir réalisé mon habituel dessin matinal. Je ne l'ai pas écrite contre la technologie, ni par nostalgie d'un monde sans automatisation. Je l'ai écrite comme une alarme logique. Une entreprise peut remplacer un salarié par une machine en quelques semaines. Une société, elle, doit continuer à porter la personne qui sort du cadre. Mon schéma part de là: ce qui ressemble à un gain local peut devenir une perte systémique si la boucle économique n'est plus alimentée par des revenus humains. Dans la première case, tout semble banal - et justement essentiel. Deux personnes travaillent dans l'entreprise. Elles produisent, reçoivent un salaire, consomment, paient des cotisations et des impôts. Le flux est discret, presque invisible, parce qu'il est normal. Pourtant c'est ce flux qui tien...

Mon Trilemme IA

J’ai dessiné ce triangle un matin, après une séance où tout le monde applaudissait une démo d’IA et où je sentais pourtant que quelque chose manquait. Pas l’outil : une tenue. Au centre, en rouge, j’ai écrit ce que je vivais de plus en plus moi-même : « je n’utilise pas l’IA » - non par vertu, mais parce qu’un des trois sommets me lâchait. Savoir quoi faire : est-ce que je peux l’expliquer sans me cacher derrière le jargon ? Savoir comment faire : est-ce que je pourrais au moins esquisser la mise en œuvre, programmer, automatiser, déléguer - ou est-ce que je me contente d’appuyer sur un bouton ? Savoir contrôler : est-ce que je vérifie encore, ou est-ce que la fluidité de la réponse m’a déjà convaincu ? Ce n’est pas un trilemme au sens de « choisissez deux options sur trois ». C’est un triangle de conditions : sans les trois, je retombe au centre. Et ce centre n’est pas une retraite ; c’est un aveu. J’ai longtemps hésité sur le mot trilemme . Puis j’ai compris ce qui le rendait juste :...

La Grille du Partage du Travail Cognitif

Qu'est devenu l'apprentissage avec l'IA ? Je me mets dans le trend de profusion des canvas, des tableaux et des grilles assistés par l'IA qui abondent en ce moment sur les réseaux sociaux. Il est de fait pas désagréable de pouvoir rapidement visualiser et partager ses concepts. Pour autant qu'on ait pris le temps de penser avant... Voici donc ma  grille du partage du travail cognitif . Au cœur de cette grille 6x4 se trouvent six lignes de Bloom et quatre colonnes de délégation. Chaque cellule décrit, de façon générique, qui fait quoi dans la tête et dans la boucle avec l'outil : ancrage et récupération entièrement humains, assimilation sous pilotage intentionnel, focalisation sur l'artefact produit par le système, ou automatisation du sens et de la chaîne. La grille théorique sert à nommer la répartition du travail mental. Verticalement, la taxonomie de Bloom fixe le régime cognitif visé, de la mémorisation à la création. Horizontalement, la théorie des ins...

Ma Foi, l'IA...

Je sens que j'ai un corps, je sais que j'ai un esprit, je crois que j'ai une âme qui est faite de l'amour que je porte aux autres. Ce n’est pas une profession de foi scolaire. C’est l’ordre dans lequel je me tiens quand tout va un peu trop vite. Le corps me rappelle que je suis incarné avant d’être convaincant. L’esprit me rappelle que je peux me tromper même quand je suis lucide. L’âme, je ne la « sais » pas au sens d’une preuve. Je lui fais confiance comme on tient une rampe dans l’escalier, parce qu’elle m’ouvre à ce qu’il y a en moi de plus grand que moi, cette part qui me dépasse et qui pourtant m’est plus proche que je ne le suis à moi-même. Et l’amour porté aux autres n’est pas un sentiment de carte postale. C’est ce qui m’oblige encore à regarder un visage plutôt qu’à le réduire à une idée que je me fais de lui. Le corps, l'esprit et l'âme comme danse de la vie, vue par Midjourney. Je ne parle pas de trois morceaux d’un même puzzle qui s’emboîteraient un...

L'IA digne de confiance ?

La question m'est revenue plusieurs fois ces derniers mois, toujours dans des situations très concrètes : un collègue hésite à valider une synthèse générée, une équipe veut automatiser une partie de son flux, un étudiant me demande pourquoi vérifier encore si la réponse est fluide et bien écrite. Je remarque que le débat part rarement de la technique ; il part d'une expérience humaine faite de doute, de malaise et parfois de fascination. Faire confiance, dans ce contexte, n'est pas une préférence abstraite : c'est accepter une vulnérabilité, donc un risque. Sans risque, il n'y a pas de confiance ; il n'y a qu'exécution. C'est précisément pour cela que l'IA brouille les lignes : elle parle bien, elle structure vite, elle donne une impression de maîtrise.  Une perspective économique rappelle ici que la confiance dépend des incitations, des dépendances et du coût de contrôle. Une perspective sociologique rappelle qu'on ne fait jamais confiance seul ...