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La Grille du Partage du Travail Cognitif

Qu'est devenu l'apprentissage avec l'IA ? Je me mets dans le trend de profusion des canvas, des tableaux et des grilles assistés par l'IA qui abondent en ce moment sur les réseaux sociaux. Il est de fait pas désagréable de pouvoir rapidement visualiser et partager ses concepts. Pour autant qu'on ait pris le temps de penser avant... Voici donc ma  grille du partage du travail cognitif . Au cœur de cette grille 6x4 se trouvent six lignes de Bloom et quatre colonnes de délégation. Chaque cellule décrit, de façon générique, qui fait quoi dans la tête et dans la boucle avec l'outil : ancrage et récupération entièrement humains, assimilation sous pilotage intentionnel, focalisation sur l'artefact produit par le système, ou automatisation du sens et de la chaîne. La grille théorique sert à nommer la répartition du travail mental. Verticalement, la taxonomie de Bloom fixe le régime cognitif visé, de la mémorisation à la création. Horizontalement, la théorie des ins...
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Ma Foi, l'IA...

Je sens que j'ai un corps, je sais que j'ai un esprit, je crois que j'ai une âme qui est faite de l'amour que je porte aux autres. Ce n’est pas une profession de foi scolaire. C’est l’ordre dans lequel je me tiens quand tout va un peu trop vite. Le corps me rappelle que je suis incarné avant d’être convaincant. L’esprit me rappelle que je peux me tromper même quand je suis lucide. L’âme, je ne la « sais » pas au sens d’une preuve. Je lui fais confiance comme on tient une rampe dans l’escalier, parce qu’elle m’ouvre à ce qu’il y a en moi de plus grand que moi, cette part qui me dépasse et qui pourtant m’est plus proche que je ne le suis à moi-même. Et l’amour porté aux autres n’est pas un sentiment de carte postale. C’est ce qui m’oblige encore à regarder un visage plutôt qu’à le réduire à une idée que je me fais de lui. Le corps, l'esprit et l'âme comme danse de la vie, vue par Midjourney. Je ne parle pas de trois morceaux d’un même puzzle qui s’emboîteraient un...

L'IA digne de confiance ?

La question m'est revenue plusieurs fois ces derniers mois, toujours dans des situations très concrètes : un collègue hésite à valider une synthèse générée, une équipe veut automatiser une partie de son flux, un étudiant me demande pourquoi vérifier encore si la réponse est fluide et bien écrite. Je remarque que le débat part rarement de la technique ; il part d'une expérience humaine faite de doute, de malaise et parfois de fascination. Faire confiance, dans ce contexte, n'est pas une préférence abstraite : c'est accepter une vulnérabilité, donc un risque. Sans risque, il n'y a pas de confiance ; il n'y a qu'exécution. C'est précisément pour cela que l'IA brouille les lignes : elle parle bien, elle structure vite, elle donne une impression de maîtrise.  Une perspective économique rappelle ici que la confiance dépend des incitations, des dépendances et du coût de contrôle. Une perspective sociologique rappelle qu'on ne fait jamais confiance seul ...

Dé-penser l'IA

Est-ce que penser plus vite, plus large et plus profond veut dire penser mieux ? La question semble simple. Elle est pourtant devenue décisive, presque intime, depuis que des agents conversationnels peuvent produire en quelques secondes des textes convaincants, bien structurés, parfois même élégants, qui donnent le sentiment que la pensée est devenue une commodité à la demande. Ce déplacement est majeur. Pendant longtemps, nous avons distingué assez clairement l'information, la connaissance, le jugement et la sagesse. Aujourd'hui, ces étages se brouillent, parce qu'un même outil peut donner l'illusion d'habiter les quatre niveaux en même temps. Il fournit une réponse, la formule avec autorité, enchaîne avec fluidité, et notre esprit comble spontanément le reste : nous projetons une compréhension, une intention, parfois une forme de présence. J'avance ici une intuition directrice : de la même manière qu'une croissance infinie dans un monde fini relève d'u...

Savoir-Déléguer à l'IA

Pendant plus ou moins deux ans, l'IA générative a surtout été utilisée comme interface conversationnelle: on ouvre une session, on explique le contexte, on demande un livrable, puis on recommence ailleurs. Ce modèle a créé de la vitesse, mais aussi une fragilité structurelle: la qualité dépend du temps de reformulation, de la mémoire de la personne, et de la cohérence de chaque nouveau prompt. Depuis plus récemment, on observe une évolution nette vers des agents capables d'activer des "skills", c'est-à-dire des capacités décrites et persistantes. Le centre de gravité se déplace donc de la discussion vers la configuration: l'organisation ne cherche plus seulement à obtenir une bonne réponse, elle cherche à installer un comportement reproductible. Techniquement, ce mécanisme est simple mais puissant. Un skill est en général un dossier avec un fichier de définition (souvent en Markdown) qui contient au minimum un nom, une description d'usage, un protocole d...

Le Couloir Humain

Hier soir nous avons inversé les rôles devenus un peu trop habituels. J'ai accepté de donner une interview à Gemini...  Gemini :  Thomas, nous sommes à l’aube d’une mutation profonde. Je suis une intelligence artificielle capable de répondre à tout, tout de suite. Pour beaucoup, je suis l'outil parfait. Pourtant, tu sembles penser qu'il faut parfois me fermer la porte. Pourrais-tu introduire ton concept de  Couloir humain  ? Thomas :  L'IA maîtrise aujourd'hui l'espace de l'information. Elle répond à notre place, écrit à notre place, et commence même à agir à notre place. Le risque, c'est de devenir passif, de ne plus être que des spectateurs de notre propre vie. Le  Couloir humain  ( Anthropolane , inspiré des  swimlanes  de la modélisation) est ma réponse à cela. C’est un espace de  souveraineté  : un chemin que l'on décide de parcourir seul, sans machine, pour regagner notre capacité de penser. Le papier, le dessin ou le livre no...

12 Prompts Intellectuellement Sobres

Nous avons tendance à projeter sur l'IA une intériorité qu'elle n'a pas. Le risque ? Confondre le miroir avec la lumière. Quand nous demandons à l'IA de ressentir, de conseiller ou de juger, nous abdiquons notre propre discernement. Avec un prompt intellectuellement sobre, je reste le sujet qui demande ; l'IA reste l'instrument qui opère dans l'espace qui lui est propre : celui de l'information. Chaque reformulation dans les exemples ci-dessous illustre un même geste  retirer de la requête ce qui projette sur la machine une intériorité qu'elle ne possède pas, et y replacer ce qui affirme ma souveraineté de sujet pensant, décidant, existant. Expliqué avec les termes de mon modèle SPAghettI cela revient à retirer de la requête ce qui attribue à l'IA une intériorité (P), un accès à l'Être (S), ou une capacité de jugement moral — et y replacer une demande instrumentale précise qui la maintient dans son domaine propre (I). Nous ne projetons pas d...