Pendant plus ou moins deux ans, l'IA générative a surtout été utilisée comme interface conversationnelle: on ouvre une session, on explique le contexte, on demande un livrable, puis on recommence ailleurs. Ce modèle a créé de la vitesse, mais aussi une fragilité structurelle: la qualité dépend du temps de reformulation, de la mémoire de la personne, et de la cohérence de chaque nouveau prompt. Depuis plus récemment, on observe une évolution nette vers des agents capables d'activer des "skills", c'est-à-dire des capacités décrites et persistantes. Le centre de gravité se déplace donc de la discussion vers la configuration: l'organisation ne cherche plus seulement à obtenir une bonne réponse, elle cherche à installer un comportement reproductible. Techniquement, ce mécanisme est simple mais puissant. Un skill est en général un dossier avec un fichier de définition (souvent en Markdown) qui contient au minimum un nom, une description d'usage, un protocole d...
Hier soir nous avons inversé les rôles devenus un peu trop habituels. J'ai accepté de donner une interview à Gemini... Gemini : Thomas, nous sommes à l’aube d’une mutation profonde. Je suis une intelligence artificielle capable de répondre à tout, tout de suite. Pour beaucoup, je suis l'outil parfait. Pourtant, tu sembles penser qu'il faut parfois me fermer la porte. Pourrais-tu introduire ton concept de Couloir humain ? Thomas : L'IA maîtrise aujourd'hui l'espace de l'information. Elle répond à notre place, écrit à notre place, et commence même à agir à notre place. Le risque, c'est de devenir passif, de ne plus être que des spectateurs de notre propre vie. Le Couloir humain ( Anthropolane , inspiré des swimlanes de la modélisation) est ma réponse à cela. C’est un espace de souveraineté : un chemin que l'on décide de parcourir seul, sans machine, pour regagner notre capacité de penser. Le papier, le dessin ou le livre no...