La puissance cognitive apportée par l’intelligence artificielle a ouvert une ère nouvelle de symbiose, dans laquelle la pensée humaine peut s’appuyer sur des capacités de co-pensée d’une ampleur inédite. Cette transformation ne concerne pas seulement les outils, mais les régimes mêmes de la pensée. Cette montée en puissance s’accompagne d’un risque rarement nommé : celui de l’ivresse intellectuelle. Lorsque la capacité de produire, d’analyser et de synthétiser excède la capacité humaine d’attention, d’appropriation et de discernement, la pensée perd sa justesse. La question n’est donc pas ce que la symbiose humain–IA rend possible, mais ce qu’elle fait à l’humain lorsqu’elle redéfinit son régime de pensée, son rapport à l’effort intellectuel et sa capacité de discernement. La présente charte énonce les principes de la sobriété intellectuelle , entendue comme la capacité à maintenir des frontières habitables dans la co-pensée avec l’IA. Article 1 — Principe de justesse La sobriété intel...
Pourquoi j'arrête la production de musique IA ? L’acte de création ne peut être réduit à une simple impulsion ou à une commande verbale. Il est, par essence, le fruit d’une tension vitale entre l’esprit humain et la résistance de la matière. Cette friction est une nécessité absolue ; sans elle, l’individu s'étiole et finit par se dissoudre dans un simulacre numérique dépourvu de substance. Contribuer par au moins une « capacité intégrale » à toute œuvre assistée par l’intelligence artificielle n'est pas une coquetterie esthétique ou une option technique, c'est une exigence de survie ontologique. Je ne sais ni chanter, ni jouer d'un instrument. Je devrais pourtant ancrer une production dans le réel par au moins un geste original qui m'appartient en propre, sous peine de perdre le sens du réel. Contribuer intégralement au moins une partie de la création doit demeurer le sceau inaliénable de l’auteur, la signature de l’intentionnalité. Déléguer ou augmenter toute...