Un travail remarquable laisse une question ouverte : qu’a réellement appris la personne qui le remet ? Lorsqu’une IA produit un dialogue argumenté, une analyse ou une conclusion convaincante, la qualité du résultat ne suffit plus à établir la compétence de l’étudiant.e. Cette dissociation fragilise l’évaluation. Elle invite à préciser le travail intellectuel attendu, la place accordée aux outils et les preuves de maîtrise attendues. La tentation consiste à compliquer les énoncés . On ajoute des contraintes, des références imposées ou l’obligation de défendre une position tranchée. Ces exigences peuvent enrichir un exercice. Elles ne garantissent pas que l’étudiant.e réalise les opérations cognitives visées. Un énoncé plus sophistiqué peut simplement devenir un meilleur prompt. Le risque demeure : attribuer à une personne une performance obtenue par délégation. La robustesse désigne ici la capacité d’une évaluation à conserver sa validité pédagogique lorsque l’IA entre dans...
Depuis quelques années, je me pose une question qui dépasse largement la technologie : que signifie composer lorsqu’une intelligence artificielle est capable de produire, en quelques secondes, des mélodies, des voix, des orchestrations et des arrangements ? La réponse la plus courante consiste à parler d’automatisation. La mienne est différente. Mais place à la musique d'abord ... ... et au blabla ensuite : Je ne crois pas que l’intelligence artificielle compose à ma place. Je crois qu’elle transforme ma manière de composer. Longtemps, j’ai pensé que la composition musicale était réservée à ceux qui savaient chanter, jouer d’un instrument, lire une partition ou maîtriser les logiciels de production. Je ne sais faire aucune de ces choses. Je ne chante pas. Je ne joue d’aucun instrument. Pourtant, je compose aujourd’hui des chansons. Ce paradoxe m’a conduit à chercher un autre vocabulaire. Le mot qui me semble le plus juste est celui de poïèse : l’acte de faire advenir ce qui n’ex...