Croyez-vous en l' auto-planète , un monde où les machines travailleront à notre place? Non? Alors, gardez vos employé.e.s. J'ai écrit cette phrase en haut de mon carnet après avoir réalisé mon habituel dessin matinal. Je ne l'ai pas écrite contre la technologie, ni par nostalgie d'un monde sans automatisation. Je l'ai écrite comme une alarme logique. Une entreprise peut remplacer un salarié par une machine en quelques semaines. Une société, elle, doit continuer à porter la personne qui sort du cadre. Mon schéma part de là: ce qui ressemble à un gain local peut devenir une perte systémique si la boucle économique n'est plus alimentée par des revenus humains. Dans la première case, tout semble banal - et justement essentiel. Deux personnes travaillent dans l'entreprise. Elles produisent, reçoivent un salaire, consomment, paient des cotisations et des impôts. Le flux est discret, presque invisible, parce qu'il est normal. Pourtant c'est ce flux qui tien...
J’ai dessiné ce triangle un matin, après une séance où tout le monde applaudissait une démo d’IA et où je sentais pourtant que quelque chose manquait. Pas l’outil : une tenue. Au centre, en rouge, j’ai écrit ce que je vivais de plus en plus moi-même : « je n’utilise pas l’IA » - non par vertu, mais parce qu’un des trois sommets me lâchait. Savoir quoi faire : est-ce que je peux l’expliquer sans me cacher derrière le jargon ? Savoir comment faire : est-ce que je pourrais au moins esquisser la mise en œuvre, programmer, automatiser, déléguer - ou est-ce que je me contente d’appuyer sur un bouton ? Savoir contrôler : est-ce que je vérifie encore, ou est-ce que la fluidité de la réponse m’a déjà convaincu ? Ce n’est pas un trilemme au sens de « choisissez deux options sur trois ». C’est un triangle de conditions : sans les trois, je retombe au centre. Et ce centre n’est pas une retraite ; c’est un aveu. J’ai longtemps hésité sur le mot trilemme . Puis j’ai compris ce qui le rendait juste :...